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Sanctuaire des
Saintes-Maries-de-la-Mer

Notre Dame de la Mer

Historique

Découverte des reliques en 1448

Les reliquesLa tradition rapporte que très vite après leur mort, les Saintes Femmes, Marie Salomé et Marie Jacobé, ont été vénérées ici. Des écrits du XIV°s. attestent de nombreux pèlerinages. En 1448, le roi René ordonne des fouilles pour retrouver les corps des Saintes que l’on dit inhumées dans le sanctuaire. Ils sont découverts à l’emplacement de l’actuelle crypte. Le 4 décembre de la même année, les reliques sont solennellement déposées dans des châsses puis élevées au-dessus du chœur. Aujourd’hui, elles sont là, dans leur écrin de pierre, qui accueillent pèlerins, voyageurs…tous et chacun.

Proches parentes de la Vierge Marie et disciples de Jésus, les Saintes Femmes sont arrivées en Camargue, toutes habitées par Sa Présence. Elles ont achevé leur vie dans l’île boisée dénommée oppidum Ra, en ce lieu devenu Les Saintes Maries de la Mer. Leur vie a suscité des nombreuses conversions chez les habitants. Après leur mort, dans le petit oratoire qu’elles ont édifié, puis dans le sanctuaire primitif du V°s., des gens du lieu et des environs viennent les prier. Peu à peu, la vénération des Saintes s’étend au-delà de l’île de Camargue et gagne la France entière. Les pèlerins affluent. Pas moins de cinq prêtres desservent l’église Notre Dame de la mer. Une ordonnance de l’archevêque d’Arles, en 1356, précise que « cela convient à cause de la beauté de l’église elle-même ornée de tant de reliques de saints ». Plusieurs évêques font le pèlerinage : celui de Saint-Pol, de Coutances, de Paris…Bref, quinze diocèses honorent alors les Saintes et célèbrent chaque année la fête de Marie Jacobé le 25 mai et de Marie Salomé le 22 octobre.

Tant de vénération retient l’attention du roi René, comte de Provence. En juillet 1448, il apprend qu’en la ville de Notre Dame de la mer se trouvent, d’après la tradition, les reliques enterrées des Saintes Maries. Il se rend sur place et interroge plusieurs habitants du lieu ainsi que des Arlésiens. Tous disent que « les corps des dites saintes Maries reposent, ont été et sont inhumés à « Mari » et dans son église ; que pour cette raison, à cette église et à cet endroit, il existe un afflux considérable de pèlerins, fidèles chrétiens venus de partout et même de régions éloignées ». Le roi désire retrouver « les corps ». Il écrit au pape Nicolas V et obtient l’autorisation de faire des fouilles qui commencent en août. Quatorze habitants de Notre Dame de la mer mènent à bien ces travaux sous la direction d’un notable arlésien, le chevalier Jean d’Arlatan.

Les fouilles commencent dans le sanctuaire primitif car « ces corps, à ce que l’on croyait, reposaient dans la chapelle située au centre de l’église ». Les ouvriers trouvent seulement « une tête humaine couverte ou bandée de plomb ». Ils poursuivent les fouilles en direction du chœur. « Ils y trouvèrent une vielle crypte ; ils la brisèrent et y trouvèrent des écuelles, des morceaux de poterie d’écuelles, des cendres et des morceaux de charbon noir », traces de l’habitat des Saintes Femmes. Ordre est donné de continuer « à creuser en avançant jusqu’au grand autel du chœur ». Près de cet autel on trouve « une grande quantité de terre tassée, très différente de la terre trouvée en creusant le chœur ; et dans cette terre tassée, on trouva un petit pilier de terre blanche, très abîmé et ravagé, et au-dessus de ce pilier, une petite pierre de marbre, comme un autel portatif, pierre qui, en creusant, fut cassée et divisée en plusieurs morceaux. » Il s’agit sans doute du premier autel chrétien de la Gaule !!!! En avançant davantage vers le grand autel, « on trouva un crâne de corps humain, puis successivement tous les os que l’on sait appartenir à un corps humain, enterrés et allongés, les mains croisées, les pieds sous la pierre du grand autel même ». De l’autre côté de l’autel, les ouvriers découvrent un deuxième corps, parallèle au premier et distant d’environ un mètre, dans la même position. Et on l’affirme immédiatement ! Ce sont les Saintes ! Marie Salomé ! Marie Jacobé !

Le roi René obtient l’autorisation du pape d’élever les reliques « à l’intérieur de l’église même. » Elles seront élevées au-dessus du chœur. Pour permettre leur élévation au-dessus du choeur, il fait transformer la petite ouverture de la chapelle haute donnant dans l’église en grande et belle fenêtre propre à recevoir les Châsses où vont être déposées les reliques. Le lundi 2 décembre 1448, devant le roi René, son épouse, la cour et de nombreux ecclésiastiques, le légat du pape prononce solennellement l’authentification des reliques. Le mardi, les ossements, « nettoyés et purifiés dans du vin blanc », sont déposés dans des Châsses doubles en bois de cyprès, puis exposées sur la place, devant l’église, à la vénération de la foule nombreuse. Enfin c’est le mercredi 4 que ces Châsses sont fermées à clef puis « élevées et gardées en un lieu honorable, au-dessus du grand autel, dans la chapelle Saint Michel de l’église, endroit merveilleusement aménagé sur ordre du dit Monseigneur le Roi. » Et c’est de là-haut qu’aujourd’hui les Saintes Maries nous accueillent…

Tous les passages en italique, excepté le premier, sont extraits du Procès verbal de l’élévation des reliques, datant de 1448 et conservé aux Saintes Maries.