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Sara

Sainte SaraSainte Sara, humble servante ?
Patronne des gens du voyage, sainte Sara reste une énigme. L’histoire a conservé plusieurs traditions qui évoquent cette figure non attestée par l’Evangile. On raconte ce qu’elle a vécu de façon symbolique, comme bien des récits bibliques.

Qui donc est sainte Sara ? La question revient sans cesse, très naturellement. D'autant plus que jusqu'à nos jours personne ne peut donner de réponse historique et scientifique définitive. Nos anciens prêtres, Père Morel et Causse, pour ne citer qu'eux, ont régulièrement répondu à cette question, se référant au mot de Mgr de Provenchères, ancien Archevêque d'Aix et Arles, qui disait : "Le culte de Sara est immémorial, c’est pourquoi je le maintiens sous sa forme traditionnelle". Nous reproduisons ici un article du Père Causse paru dans LA ROULOTTE, journal de l'aumônerie des Gitans, en avril 1999 : "Quant à SARA, la légende chrétienne nous la présente comme l'humble servante, la familière, qui pleure sur la grève le départ de ses maîtresses Jacobé et Salomé, que la fureur des Juifs a jetées avec d'autres dans cette "barque sans rame ni voile". Révoltée, Sara veut partager le sort des condamnées, quel qu'il soit. Alors, Salomé lui jette son manteau sur lequel elle marche à travers les flots et vient prendre place auprès de ses amies.
Tout autre est le récit de la tradition camarguaise. Pas plus qu'elle n'est servante, Sara n'est du voyage.

Une prêtresse ?
Comme la tige de lotus sacré, Sara, issue de race noble, monte des profondeurs mystérieuses s'épanouir au soleil. Reine autochtone de sa tribu, elle campe dans les forêts de pins parasols qui ombragent le territoire. Sylves et marécages, boeufs et chevaux sauvages font de ce pays une source d'abondance incomparable. Longtemps avant le Christ, cette population nomade avait en Camargue son port d'attache, sa vie, son temple. Sara ne serait-elle pas une de ses prêtresses? A l'arrivée des Saintes, Sara les accueillit, se convertit à leur prédication et reçut le baptême ainsi que sa tribu. Selon d'autres versions, il s'agirait de Sara l'Egyptienne, abbesse d'un grand couvent de Libye et fêtée par l'Eglise le 13 juillet. Ou bien encore, d'une Sara qui figurait dans un groupe de martyrs persans avec deux Maries et une Marthe et dont les reliques seraient parvenues jusqu'en Gaule. Enfin, la lettre apocryphe des Apôtres remontant incontestablement au II° siècle, nous présente une Sara découvrant, avec Marthe et Marie le tombeau vide et partant annoncer aux apôtres la Résurrection du Christ.

Honorée le 24 mai
La première version de Sara se trouve dans un texte de Vincent Philippon, baïle (ou préposé) du viguier du comté de Provence, rédigé vers 1521: "La légende des Saintes Maries" et dont le manuscrit est à la bibliothèque d'Arles. On l'y voit quêtant à travers la Camargue pour subvenir aux besoins de la petite communauté chrétienne. En vérité, nul ne sait qui est Sainte Sara, ni comment son culte s'instaura aux Saintes Maries de la Mer. Ce qui est certain, c'est que la dévotion à Sara commença dans cette église bien avant que les Gitans la fassent leur. Toutes les versions concordent en tout cas à montrer que Sara aimait nos Saintes, qu'elle a cru en leur parole, en leur témoignage sur la Résurrection du Christ. Nous ne pouvons mieux faire que de lui ressembler, et d'aimer nous aussi Marie-Salomé et Marie-Jacobé comme elle les a aimées. Sainte Sara est à jamais associée dans notre prière aux Saintes Femmes de l'Évangile. Nous l'acclamerons donc avec ferveur lors du pèlerinage du 24 Mai qui lui est particulièrement consacré : "Vive Sainte Sara !"